Comment j’ai eu ma PIRE peur en voyage au Costa Rica ?

Comment j’ai eu ma PIRE peur en voyage au Costa Rica ?

Nous sommes le 20 Mars 2013. Je suis au Costa Rica dans la vallée d’Osa. Depuis le début de mon trip dans ce pays, je suis obnubilé par cette région. Elle ne serait pas du tout développée d’un point de vue touristique et rassemblerait une faune et une flore incroyable. Difficile d’accès, elle se situe au bout du pays, à la pointe sud ouest. Par ailleurs, j’entends beaucoup parler du Corcovado N.P., un parc national disposant de l’une des plus grandes biodiversités au monde. Cette région est faite pour moi, j’en suis convaincu.

Ainsi, de Bocas del Toro, je traverse tout le Panama d’Est en Ouest, avant de franchir à nouveau la frontière. Je passe une nuit à Golfito avant de prendre un bateau pour me à rendre Puerto Jimenez, principale porte d’entrée du parc.

Des préparatifs plutôt compliqués !

 

Pendant la traversée en bateau de Golfito à Puerto Jiminez, je fais la rencontre de David, un allemand, amoureux de la nature. Se baladant toujours avec deux machettes sur lui. Il en connaît d’ailleurs un rayon sur la survie en pleine nature. Le courant passe très vite et nous allons nous renseigner ensemble pour une randonnée dans le Corcovado.

Manque de bol, nous sommes en pleine Semana Santa, tous les « ticos » ont quitté la capitale pour se rendre sur les côtes mais aussi dans la vallée d’Osa. Il n’y a plus de place pour les prochains jours dans le seul refuge se trouvant à l’intérieur du parc. Et il est interdit de planter sa tente. Nous ne pourrons donc passer qu’une journée entière à l’intérieur du parc.

Nous retournons le problème dans tous les sens, pour trouver un moyen d’accéder au parc, et de pouvoir en sortir dans la même journée…

Par la suite, nous rencontrons par hasard Michael, un américain, également à la recherche d’une solution pour passer la journée dans ce parc. Finalement, après plus de deux heures de discussion, de coups de téléphone, de demandes de renseignements auprès des locaux, nous tombons d’accord : Nous prendrons le bus pour Drake, avant d’emprunter un bateau, qui nous mènera directement à l’intérieur du parc. À ce moment-là, nous aurons une journée pour parcourir les 20 kilomètres dans la jungle pour sortir du parc avant la tombée de la nuit, et dormir au premier refuge.

Arrivés à Drake, nous préparons des litres et des litres d’eau pour tenir toute la journée. Ce n’est pas au beau milieu de la jungle que nous trouverons de l’eau potable… 6L par personne à porter dans son sac ! Outch, ça pèse son poids ! 🙂

peur voyage

Début de la grande aventure…

6H du matin. Nous empruntons le bateau à Drake pour longer toute la côte. 1H plus tard, nous posons pied à terre au beau milieu du parc. C’est parti pour une journée de marche non-stop.

Dès les premiers kilomètres, nous apercevons des dizaines de singes, de coatis, d’oiseux en tout genre etc… C’est impressionnant !

Alors que nous sommes à la mi-journée, nous rencontrons un tapir sur notre passage. C’est un moment inoubliable. C’est le genre d’animal qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie. Même certains « ticos » de la région n’en n’ont jamais vu… 🙂 David n’en revient pas ! Il prend conscience de ce que nous sommes en train de vivre. Il ne veut plus repartir… Il décide de poser son sac ici pour faire sa « Vision Quest » dont il m’avait parlé deux jours auparavant.

Mais qu’est-ce que c’est ?

Pour faire simple : C’est un rituel spirituel (originaire des amérindiens), où il faut rester plusieurs jours seul, en pleine nature, sans manger, afin de faire le vide dans son esprit. 

Ce n’est sans doute pas la définition exacte mais cela vous donne déjà une idée. Quoi qu’il en soit, nous laissons donc David ici, au beau milieu d’une plage abandonnée, en pleine jungle.

corcovado

Le début d’un mini-cauchemar…

Nous reprenons notre chemin avec Michael. La fatigue de la journée commence à se faire de plus en plus sentir. Nous n’avons aucune idée d’où se trouve le refuge et il y a très peu d’indications. Trop peu d’indications… Nous arrivons face aux falaises, sans trouver de chemins. Rien.

Deux choix s’offrent à nous : Continuer à chercher le sentier et s’épuiser encore plus ou longer la mer. Nous optons pour la deuxième option. Mauvaise choix… 

La marée est montante, et plus nous avançons et plus les vagues sont énormes, se « fracassant » littéralement sur nous. L’eau est de plus en plus haute, et nous nous retrouvons trempés jusqu’à la taille. Manquant de se faire emporter par la mer à plusieurs reprises, se rattrapant de justesse aux falaises, nous décidons d’escalader les falaises. Mauvais choix. Très mauvais choix…

Je me demande encore pourquoi nous avons pris cette décision complètement débile, alors que nous aurions dû attendre une petite heure que la marée redescende…

Michael se lance à corps perdu dans l’ascension. Je le suis derrière. Très vite, nous nous rendons compte de la difficulté. Les pierres glissent. Nous aussi. Nous sommes à même le ventre pour ne pas reculer avec le poids de notre sac. Nous avançons centimètres par centimètres en dépensant énormément d’énergie.

Mais, un détail n’avait pas été pris en compte. Encore un, me direz-vous. Un détail très important : Michael est diabétique ! Il l’a sans doute oublié lui-même sur ce coup-là. C’est la crise. Il a dépensé beaucoup trop d’énergie d’un coup, ajouté à cela le stress et la panique. Ces yeux ne sont pas loin de se révulser. Il peut à peine me parler. Il est terrifié. Moi aussi. 

Je tente de continuer l’ascension pour trouver le sentier, sans succès. C’est impossible. Nous sommes coincés au beau milieu des falaises. Il n’y a pas d’autres choix que de redescendre. Michael ne peut toujours pas bouger. Je vide totalement son sac, pour tout transférer dans le mien. Quelques minutes plus tard, alors qu’il a repris ses esprits, nous tentons de redescendre la falaise. Mon sac fait maintenant plus de 20 kilos. C’est un nouvel échec. Impossible de descendre avec un tel poids sur le dos. Je risque à tout moment la chute, 40 mètres plus bas.

Je décide d’enlever mes lacets de chaussure pour faire une « corde ». Le sac attaché, nous le descendons progressivement étape-par-étape. On se le fait passer comme on peut.

1H plus tard, nous rejoignons enfin la plage. C’est déjà un énorme soulagement. Nous sommes en entier.

Il est 17H, la nuit va tomber dans une heure. Nous continuons de marcher, épuisés par ce périple. Même si Michael va mieux, grâce à son insuline, c’est loin d’être la grande forme.

18H30, la nuit est tombée. Heureusement pour nous, c’est la pleine lune et nous voyons encore où nous mettons les pieds. Malgré tout, nous n’apercevons toujours pas le refuge. Pas une lumière. Rien. Nous n’avons aucun équipement, pas de duvet, pas de tente, pas de nourriture.

Et pourtant, épuisés, nous décidons de nous arrêter au beau milieu de la plage pour passer la nuit. Michael commence de nouveau à faiblir et ne peut pas continuer. Nous n’avons même plus d’eau potable. Heureusement pour nous, David, nous a laissé une machette, ce qui nous permet d’ouvrir des noix de coco et de récupérer l’eau.

Les minutes défilent. Chacun cogite de son côté. Allons-nous vraiment passer la nuit dehors, en pleine nature, sans abri et sans nourriture ? Finalement, 1H plus tard, Michael a repéré une faible lumière au loin et des traces de pas. C’est le signe que le refuge n’est sans doute pas très loin.

Nous nous remettons en marche.

1H plus tard, c’est la délivrance ! ENFIN ! Nous arrivons au refuge, complètement K.O., noires de terre mais en entier. Nous sommes sain et sauf, et c’est déjà un énorme soulagement.

Vous l’aurez compris, cette mésaventure pendant mon voyage au Costa Rica, restera à jamais gravé dans ma mémoire. J’ai réellement cru que nous allions y rester, et le fait de voir Michael faire sa crise de diabète devant moi, impuissant, fût d’autant plus impressionnant. C’est une nouvelle fois, dans ce genre de moment, que j’ai compris que la vie ne tenait qu’à un fil… Profitons donc de chaque instant, de chaque seconde, nous ne savons jamais ce que l’avenir nous réserve.

Et pourquoi ne pas partir au Costa Rica cet année ?

Trace Directe vous aide à préparer votre voyage sur mesure… Je recommande ! 🙂

Costa rica bannière

Et vous quel a été votre plus grosse peur en voyage ?

10 réactions au sujet de « Comment j’ai eu ma PIRE peur en voyage au Costa Rica ? »

  1. Waooow, ça c’est ce qu’on appelle de la vraie aventure! J’avoue que je n’ai jamais vécu de telles choses, mes voyages ont toujours été bien plus calmes et surtout moins audacieux. Ma plus grosse frayeur fut simplement un accident de voiture en Inde, mais au final beaucoup plus de peur que de mal. Content en tout cas que tout se soit bien fini pour vous 🙂

  2. Heureusement que tout s’est bien terminé ! Quelle aventure ! Personnellement, ma plus grosse frayeur a été une collision avec une charrette au Sénégal, rien de bien dangereux 😀

  3. Excellent ! Je tombe sur ton article alors que je viens d’écrire un
    article sur le meme theme, ma pire peur en voyage, qui a eu lieu… au
    meme endroit ! Le fameux Corcovado du Costa Rica ! Mon histoire est
    différente, mais la peur était aussi forte !
    Je ne peux donc que vous inviter à le découvrir :
    http://voyageur-attitude.fr/je-ne-suis-pas-mort-ce-jour-la/

    Pura vida !

    Lénaïc
    [email protected] Articles récents…Je ne suis pas mort ce jour là !My Profile

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