Départ pour le Mongol Rally… Interview de Clément & Pauline

Départ pour le Mongol Rally… Interview de Clément & Pauline

Si tu me suis depuis quelques mois, années (Chapeau d’ailleurs et… merci !) tu l’as sans doute remarqué, l’objectif de ce blog a beaucoup évolué.

Mon leitmotiv du moment ?

Montrer aux jeunes (et moins jeunes), que le voyage est accessible à tous.

Et quoi de mieux que de te parler de personnes qui passent à l’action, et qui vont au bout de leur rêve.

Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir d’interviewer Pauline & Clément pour nous parler de leur futur projet le Mongol Rally, ou comment rejoindre Oulan-Oude (je te laisse deviner où c’est…) avec une… Citroën Acadiane des années 80 !

Je ne connaissais pas du tout cette course avant de vous rencontrer, pouvez-vous nous en dire plus ?

Clément : Le Mongol Rally a été créé en 2003 par l’association britannique The Adventurists. Au départ, le but était de rallier Londres à Oulan-Bator avec des véhicules destinés à servir aux populations locales (ambulance, 4×4, camionnettes…) que les équipages laissaient sur place après l’arrivée. En 2015, les règles ont changé. L’arrivée n’est plus à Oulan-Bator mais à Oulan-Oude, au sud de la Russie, quasiment à la frontière mongole. Désormais, les participants doivent partir avec une voiture de moins d’1,2 litre de cylindrée et, si possible, âgée d’au moins 15 ans.

Pauline : Le rallye a malgré tout conservé son aspect solidaire en exigeant désormais deux parrainages d’associations de bienfaisance par équipage. Ce parrainage s’élève à 1000 livres sterling minimum (environ 1130 euros) de dons pour ces deux associations. La première est imposée à tous les participants : l’association Cool Earth, qui lutte contre la destruction de la forêt amazonienne tout en assistant les populations locales. Pour notre deuxième parrainage, nous avons choisi de venir en aide au Lotus Children’s Centre : il s’agit d’un lieu d’accueil et de soutien pour les enfants abandonnés, maltraités et en difficulté dans la capitale mongole, Oulan Bator. En plus de soutenir une cause qui nous tient vraiment à coeur, se rendre sur les lieux en fin de parcours et rencontrer celles et ceux que nous aiderons promet d’être vraiment inoubliable !

Clément : Aujourd’hui, énormément d’événements permettent de lever des fonds pour des causes très différentes et c’est, à mon sens, quelque chose de fantastique. En ce qui concerne le Mongol Rally, l’association partenaire Cool Earth a à ce jour reçu plus de 1,5 millions d’euros. Ce n’est pas rien, et on est vraiment contents de pouvoir contribuer à tout ça à notre échelle. Et puis, c’est vrai qu’au fil des années, le rallye est devenu un gros événement international. De mémoire, la première édition rassemblait 6 équipages. L’an dernier, ils étaient 300, venus du monde entier.

Pauline : Ah et, dernier élément important et unique au Mongol Rally, le but n’est pas d’arriver premier, mais d’arriver tout court, et, si possible, en entier – voiture et équipage compris. Seuls les point de départ et point d’arrivée sont imposés aux équipes. Ensuite, chacun définit son itinéraire et peut passer par autant de pays qu’il le souhaite !

logo Cool Earth

Pouvez-vous nous dire ce qui vous pousse à tenter cette magnifique aventure ?

Clément : A la base, c’était mon idée…

Pauline : Oui ! A vrai dire, je n’aurais sans doute jamais entendu parler de ce rallye sans Clément. Il m’en a souvent fait la promotion depuis qu’on se connaît, et il a finalement réussi à me convaincre de participer à cette incroyable aventure !

Clément : J’ai découvert le Mongol Rally en 2010, alors que j’étais en voyage avec mes parents jusqu’en Ukraine, en voiture. Sur une aire d’autoroute allemande, j’ai tout de suite vu qu’il y avait de drôles de voitures, bariolées et chargées comme des mules. Je suis allé les voir et ils m’ont expliqué le principe. J’ai tout de suite trouvé ça génial. Depuis, j’ai gardé l’idée de le faire un jour. Et ce jour est bientôt arrivé ! Mais au-delà de l’anecdote, j’ai toujours été attiré par l’Asie Centrale. L’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Turkménistan… On ne parle jamais de ces pays-là alors qu’ils sont magnifiques ! En plus, l’Iran, qui est aussi un superbe pays, est sur la route… C’est parfait !

Pauline : Je dois avouer que j’ai été plus récalcitrante au départ, plutôt habituée aux voyages “confort/détente”. La plus longue distance que j’ai jamais parcourue en voiture, ça doit être… Rennes-Barcelone, autrement dit pas grand-chose ! Mais j’ai quand même hâte de découvrir en voiture les contrées sur les anciennes routes de la soie, leurs paysages époustouflants et la culture nomade. Et j’ai toujours rêvé de traverser les steppes mongoles au grand galop ! Car oui, je suis une grande fan de chevaux et, d’ailleurs, d’animaux en tous genres. J’espère bien pouvoir apercevoir quelques espèces endémiques improbables des steppes, comme le chat de Pallas ou l’antilope saïga !

Clément : Dernière raison : j’adore les voyages par la route. Petit, on partait toujours en voiture en famille pour visiter un pays d’Europe. C’était vraiment génial et j’ai toujours gardé le goût pour ce type de voyage. Pour nos premières vacances avec Pauline, on a voulu découvrir l’Irlande. Je l’ai convaincue de partir en voiture depuis Paris, et nos deux semaines se sont parfaitement bien passées !

itinéraire mongol rallye

Dans le même style de course, on parle très souvent du 4L Trophy, finalement beaucoup plus simple et plus court. Que pensez-vous de cette course ? Pourquoi ne pas avoir « démarré » par celle-ci ?

Clément : L’organisation ! Le 4L Trophy est une belle aventure, j’en suis certain. Mais finalement, tout est plutôt bien balisé. Là, si on crève une roue au milieu des steppes kazakhes ou si un douanier refuse de nous laisser passer pendant deux jours, ça sera notre problème ! Je pense que l’aventure est décuplée sur le Mongol Rally. Et, d’un point de vue organisationnel, c’est idéal pour nous de bloquer deux mois en plein été.

Pauline : C’est vrai que le Mongol Rally est plus “roots” que le 4L Trophy. Autre aspect que je trouve très chouette sur le Mongol Rally, qu’on a déjà mentionné : les équipages participants viennent du monde entier, alors que le 4L Trophy reste un évènement entre étudiants français. C’est quand même sympa de pouvoir vivre cette aventure avec des gens des quatre coins de la planète – qui, peut-être, nous inviteront ensuite à visiter leurs pays !

Clément : Tout à fait. Et l’une des motivations supplémentaires, pour revenir à la question précédente, est évidemment de rencontrer les locaux. On a lu plusieurs témoignages qui racontent à quel point les Iraniens sont accueillants, par exemple… On a hâte de se rendre compte de tout ça par nous-mêmes !

Cette aventure a un certain coût pour vous, comment comptez-vous la financer ?

Pauline : Effectivement, un tel périple a un coût ! Mais finalement, sachant que nous partons pour 2 mois quasi-complets, ça ne revient pas si cher que ça : nous avons estimé nos dépenses à 8 300 euros pour deux, sans compter l’achat de la voiture – qui sera notre voiture “de tous les jours” avant le rallye et, si tout va bien, après !

Clément : Oui. Nous devrions investir très prochainement dans une Citroën Acadiane, un utilitaire des années 1980. Il est facile à réparer, il a une bonne bouille et on peut dormir dedans. On a trouvé que c’était un bon compromis.

Pauline : Et pour en revenir à l’aspect financier, nous comptons sur l’aide de sponsors. L’idée est de leur proposer des “packs” avec affichage du logo de leur entreprise sur la carrosserie de l’Acadiane (encore un avantage de cette petite fourgonnette : il y a pas mal de place pour des stickers !) et autres contreparties dont nous discuterons avec eux. En échange de la visibilité que nous leur offrons en traversant une vingtaine de pays et en les mentionnant sur nos réseaux sociaux, nous leur proposons de nous fournir du matériel (par exemple, matériel de camping ou pièces détachées pour la voiture) ou bien de nous apporter une aide financière. Nous avons d’ores et déjà commencé à démarcher quelques entreprises, mais si certains des lecteurs de partir-voyager.com sont partants pour partager cette aventure avec nous, qu’ils n’hésitent pas à nous contacter (voir contact en bas de page) !

Clément : Et pour atteindre les 1130 euros de dons aux associations, nous ferons appel aux particuliers via une plateforme de crowdfunding. Ceux qui se sentiront concernés pourront donner la somme de leur choix. En contrepartie, nous leur enverrons des cartes postales, leur rapporterons des souvenirs ou, si le don est vraiment important, nous afficherons leur nom sur la voiture.

visuel Mongol Rally

Quelles sont vos principales peurs pour cette aventure ? Et malgré tout, comment faites-vous pour les surmonter ?

Pauline : Pour le moment, je dirais que mes craintes sont similaires à celles qu’on peut avoir en préparant un voyage plus classique : est-ce que tout sera prêt à temps ? S’il nous arrive quelque chose sur place, que fait-on ? Et, aussi, je reste peut-être un peu sceptique quant à la faisabilité de cette épopée dans un véhicule plus âgé que moi, mais après avoir suivi l’édition 2017, le nombre d’équipages ayant franchi la ligne d’arrivée malgré des engins pour le moins peu adaptés m’a quelque peu rassurée ! A mon avis, le “stress” va aller crescendo quand on approchera du grand départ, le 15 juillet prochain.

Clément : Oui, ma crainte principale porte également sur la voiture. Mais, vieille ou non, elle serait la même ! Si jamais un problème majeur arrivait au milieu de nulle part et que nous étions obligés de l’abandonner, que nous arriverait-il ? Mais bon, comme dit Pauline, on a suivi attentivement les dernières éditions et très peu d’équipages n’arrivent pas au bout. On ne part pas dans l’inconnu : on a déjà lu des récits de voyage, des guides, des témoignages… Nous sommes à plus de six mois du départ, l’excitation est vraiment là. De nouvelles craintes vont sans doute arriver au fur et à mesure !

Désert de Gobi CCBY Zoharby

Que diriez-vous aux jeunes qui hésitent à faire ce genre d’aventure ? Ou tout simplement à partir en indépendant comme vous à l’étranger pendant plusieurs mois ?

Clément : C’est bête à dire mais : faites ce que vous voulez faire ! Personnellement, en 2016, j’ai rejoint pendant deux mois un ami qui était parti faire un tour du monde d’un an. Un peu sur un coup de tête, je suis parti en janvier et février pour le rejoindre et parcourir avec lui la Malaisie, la Birmanie, la Thaïlande et le Cambodge. Au départ, je me disais : “Mais qu’est-ce que je vais faire en rentrant ? Est-ce que je ne devrais pas travailler pendant un moment, avoir une situation stable avant de penser à ça ?” Mais non, pas du tout. Je suis parti, je ne regrette rien et tout s’est bien passé à mon retour. Après, j’ai bien conscience d’avoir des parents qui me soutiennent et une copine compréhensive. Mais tant qu’on est jeune, il faut faire ce qu’on a envie de faire ! Le seul frein, je pense, peut être financier. Car, même si on est économe, même si on ne dort pas dans des hôtels 5 étoiles, tout voyage a un coût.

Pauline : Je suis d’accord ! Alors que j’hésitais encore à me lancer dans l’aventure du Mongol Rally, je me suis dit et répété :Si tu ne le fais pas à 25 ans, quand vas-tu faire un truc pareil ?”. Comme dit Clément, la raison voudrait qu’on attende d’être stable professionnellement / financièrement parlant, mais on ne sait jamais ce qui peut arriver, alors autant profiter tant qu’on le peut. Cela demande un peu d’organisation, mais rien de bien compliqué non plus !

Clément : Pour revenir à l’aspect financier, nous savons que nous sommes des privilégiés que de pouvoir nous lancer dans une aventure pareille. Mais je crois aussi qu’on s’en est donné les moyens. Je suis “juste” enfant de prof, donc d’un milieu social plutôt normal. Alors, j’ai travaillé à droite à gauche, j’ai fait plusieurs stages et j’ai surtout économisé un maximum au fil des années. Ces deux dernières années, nous avons privilégié des vacances moins onéreuses que par le passé. Et ce n’est pas pour autant qu’elles étaient moins agréables, bien au contraire ! Mais c’est un autre sujet. 🙂

mongol rallye

Avez-vous un dernier message à faire passer ?

Pauline : Suivez-nous et partagez cette super aventure avec nous, ça vous dit ? Pour le moment, nous avons une page Facebook et un compte Instagram, qu’on va alimenter au fil de nos préparatifs. Un site web est aussi en construction, avec des fonctionnalités du type nous localiser en temps réel une fois partis, une galerie de photos/vidéos qu’on s’efforcera de mettre à jour le plus possible, et des posts de blog pour raconter nos dernières péripéties ! On veut vraiment partager ce long voyage avec les gens qui nous entourent – et qui seront peut-être un peu inquiets, aussi.

Clément : Oui voilà. Peut-être que, vous aussi, vous aurez envie de participer à cette grande aventure un jour !

Notre page Facebook accessible ici
Notre compte Instagram : www.instagram.com/completementalest_mongolrally/?hl=fr
Notre site web : à venir
Notre mail : team.completementalest [at] gmail.com

2 réactions au sujet de « Départ pour le Mongol Rally… Interview de Clément & Pauline »

  1. Un véritable périple ce MONGOL RALLY. On voit bien que vous avez pris du temps pour réaliser cet article assez explicite sur les étapes du tour. J’ai personnellement appris que le parcours peut être périlleux.

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