Le paradoxe du voyageur…

Le paradoxe du voyageur…

Vendredi dernier, sur ma page Facebook, je publiais une citation de Jacques Réda : « Une des dispositions constantes de l’homme est de souhaiter être ailleurs que là où il est. » Il n’y a pas plus vrai, à mon sens, en particulier pour un voyageur… Finalement, cela revient à dire que nous ne sommes jamais content de notre sort, et même si cela varie à des degrés bien différents, c’est bel et bien le cas.

Le voyageur est continuellement à la recherche de son épanouissement personnel tout en cherchant à fuir la routine…

paradoxe voyageur
Aux Everglades à Miami, États-Unis

Chez soi physiquement, et pourtant la tête ailleurs…

 

Cela fait maintenant près de six mois que j’ai posé mes valises sur Angers. Six mois qui m’ont permis de me poser et d’instaurer une certaine routine, notamment dans mon travail, nécessaire à l’avancée de mes projets. Cette routine, aussi belle soit-elle, devient pourtant rapidement lassante. Il manque cette part d’aventure, ces moments d’adrénaline qu’un voyage procure, cette rencontre qui peut faire basculer votre journée d’un moment à un autre, la découverte de paysages à couper le souffle.

Un véritable voyageur ne s’arrête jamais de voyager, où qu’il soit. C’est sans doute vrai. On rêve devant nos derniers clichés de voyage en République Dominicaine ou d’un autre pays, on se remémore nos moments de joie comme ceux de galère. C’est sans doute pourquoi, je prends toujours autant de plaisir à raconter mes récits de voyage, que ce soit via ce blog ou directement aux personnes intéressées.

plaine de nullarbor
Dans la plaine de Nullarbor, Australie

Mais il y a un moment où l’on craque. Il y a cette destination que nous avons en tête depuis des mois. On décide de franchir le pas et de repartir à l’aventure. Ce besoin de sortir de sa « zone de confort » habituelle, de se lancer de nouveaux « défis » prend le dessus. Parce qu’on ne sait jamais ce que demain nous réserve.

De nouveau sur la route et pourtant…

 

Les débuts d’un voyage sont souvent assez incroyables. Les premiers doutes se dissipent rapidement, on ne tarde pas à faire nos premières rencontres. On découvre le pays, une nouvelle culture, de nouveaux lieux magnifiques. Les paysages sortent tout droit de carte postale.

partir voyager paradoxe
Plage à Dominical, Costa Rica

Nous vivons des moments extrêmement forts, nous nous retrouvons face à des situations auxquelles nous n’aurions jamais imaginées faire face un jour. Puis, curieusement, au bout de quelques mois, la lassitude se fait sentir à nouveau… Quelle honte de dire ça ! Comment peut-on avoir de la lassitude en voyage ?

Je me disais exactement la même chose avant que j’entame mon premier long voyage en Australie. Juste avant j’ai rencontré une amie ayant voyagé sur l’île continent pendant plus de 9 mois. Voilà mot pour mot ce qu’elle m’avait dit : « Ah ouai c’était vraiment génial, mais à la fin tu as vraiment envie de rentrer. Tu vois des baleines une fois, deux fois, trois fois et pis à la fin… tu t’en lasses, tu n’as même plus envie de te bouger ! »

À ce moment-là, je n’y croyais pas. Comment on pouvait dire une chose pareille, alors que tant de gens rêveraient d’être à notre place ? Et finalement, j’ai très vite compris. Compris que la lassitude est humaine. Que l’on peut se lasser même du plus bel endroit au monde.

Puis vient, le manque de ses proches. En effet, vous pouvez être dans le plus bel endroit de la planète, si vous n’y êtes pas avec ce que vous aimez, tôt ou tard, vous aurez une pensée pour eux, un brin de nostalgie, une envie de les retrouver….

À cela, viendra s’ajouter l’inconfort du voyage. Car oui, il faut bien le dire, mais à la fin on ne supporte plus son sac à dos de 20kg sur le dos, le fait de dormir en tente ou dans des dortoirs de 10 personnes, de n’avoir accès à une douche qu’une fois de temps en temps, et surtout de n’avoir aucune intimité.

randonnée tasmanie
On fini par détester son sac à dos… à force de le porter ! 🙂

Alors là c’est le roue qui tourne. On décide de rentrer chez soi. Parce qu’on a besoin de retrouver son confort. Ses amis. Sa famille. On reprend conscience des petits conforts de la vie. D’ailleurs, les premiers jours, qu’est-ce qu’on est heureux d’avoir son lit à soi. De n’avoir qu’à tourner le robinet pour avoir de l’eau. Et plein d’autres petites choses comme ça, qui paraissent si simples au quotidien.

On retrouve notre petite routine d’avant, pendant que d’autres voyageurs se remettent en route. C’est bel et bien la roue qui tourne.

Cet article est loin de concerné tous les types de voyageur. Il y a ceux qui ne se lasseront jamais d’être sur la route, qui se détachent facilement de leurs proches. Ceux pour qui, l’inconfort du voyage est un détail parmi tant d’autres. Il y a ceux pour qui un séjour dernière minute de quelques jours, suffira a satisfaire leurs envies de voyage, avant de retrouver leur chez soi.

Et vous, dans quel « cas » vous situez-vous ? Ressentez-vous ce « paradoxe » du voyageur ?

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